Debian

Un article de WikisAdmins.



Sommaire

Introduction

Cette installation/configuration constitue la base de tous les autres tutoriels créés pour la version 4.0r1 de Debian.

La Debian, comme la plupart des systèmes d'exploitation permet de lancer son installateur à partir de différentes sources matérielles si le BIOS en offre la possibilité :

  • lecteur de cd-rom et dvd-rom
  • un second disque dur ou une clé USB
  • un démarrage PXE

Elle peut aussi être installé :

  • à partir d'un autre système sur un système virtuel ou dans un environnement chroot
  • en bootstrapping, c'est à dire, à partir de rien

Dans ce tutoriel, nous nous contenterons de voir l'installation et la configuration de cette distribution de la façon la plus classique, c'est à dire, à partir du lecteur de cd et dvd-rom.

Les différentes versions

Debian existe en trois versions en fonction des besoins :

  • stable : version 4.0 appelé Etch[1]
  • testing : appelé Lenny, c'est la prochaine distribution stable sur laquelles sont effectuer les tests. Les paquets sont généralement un peu plus à jour mais ne sont pas encore tout à fait stable. Cette version peut-être utilisé pour un ordinateur personnel mais doit être éviter pour un serveur.
  • unstable : C'est la version interdite pour une utilisation sur serveur. Par contre, elle est souvent mise à jour et peut-être très appréciée par les créateurs de multimédia.

Remarque : À la date ou je rédige ces lignes, la version unstable peut-être dans certaine utilisation plus stable que la version testing étant donné la relative jeunesse de Lenny, Etch étant sorti le 8 avril 2007 [2]

Obtenir un exemplaire de la distribution

Pour se procurer une version fiable de la Debian Etch 4.0r1, il est possible de, soit la commander auprès d'un des revendeurs de cette liste, soit d'en télécharger une image amorçable à partir d'un des sites miroirs fourni sur cette autre liste.

Vous allez rapidement vous rendre compte qu'il existe des versions de ces images pour différentes architectures (alpha, amd64, arm, hppa, i386, ia64, mips, mipsel, powerpc, sparc, s390) ainsi que les versions source (qui contiennent... les codes sources) et multi-arch (qui s'installent sur les architectures i386, amd64 et PowerPC). Dans notre cas, nous choisirons la version compilée pour les architectures i386 qui fonctionne sur les architectures amd64 (AMD 64 bits) et ia64 (Intel 64 bits).

Il existe des images de trois tailles différentes[3] :

  • images de CD d'installation par le réseau (en général 135 à 175 Mo)
  • images de CD au format carte de visite (en général 20 à 50 Mo)
  • ensembles de CD ou de DVD complets

Le choix dépend de la bande passante et de l'espace disque disponible. Personnellement, ayant actuellement une bande passante et un espace disque correct, je préfère généralement télécharger une image du premier DVD et installer le reste en faisant appel à un dépôt (repository en anglais).

Vérification de l'intégrité du fichier iso

L'image iso choisie et téléchargé, il nous faut vérifier son intégrité en comparant les signatures MD5 grâce à l'outil md5sums. md5sums pour Windows peut-être téléchargé à partir du serveur ftp Debian. Pour les distributions linux, utilisez votre gestionnaire de paquet habituel. Une erreur de téléchargement pourrait rendre l'installation problèmatique.

Il ne nous reste plus qu'à graver cette image et démarrer dessus après avoir pris soin de modifier le mode de chargement de notre machine à partir du setup du bios. Attention de ne pas graver le fichier iso par inadvertance mais bien l'image contenu par le fichier. Dans le cas contraire, vous n'obtiendrez qu'une sauvegarde de votre fichier et le cd-rom (ou dvd-rom) ne sera pas amorçable. De plus, il est recommandé d'éviter les gravures à haute vitesse : les données numériques seront bien souvent moins bien gravées ce qui peut-être préjudiciable sur un cd destiné à l'installation d'un système d'exploitation.

Installation

Après avoir démarré notre ordinateur à partir du lecteur de cd-rom, nous obtenons l'image d'accueil composé du logo Debian ainsi que l'invite permettant d'entrer des instructions ou options d'installation. Appuyez sur la touche de fonction 1 pour en savoir plus (sachez tout de même que votre clavier est reconnu par défaut comme clavier anglophone QWERTY). Dans la plupart des cas, nous nous contenterons d'appuyer sur Entrée.

Toute la configuration qui se fait lors de l'installation est bien sûr modifiable après l'installation.

Localisation

Après que le noyau se soit chargé, différentes questions nous sont posées sur la localisation de votre système à l'aide d'une interface alphanumérique. Les touches à utiliser pour la sélection sont les touches de tabulation, les flèches de promenade et la barre d'espace pour la sélection.

Astuce : Lors d'une longue liste, vous pouvez appuyer sur la touche correspondant à la première lettre du mot à sélectionner. Par exemple, par défaut, la première question nous propose l'anglais comme langage. Il nous suffira d'appuyer sur 'F' pour tomber sur la première langue commençant par cette lettre et ainsi arriver plus rapidement au mot 'French' puisque c'est sans doute la langue que la plus part d'entre nous choisirons.

Suite au réponses convenable aux questions de localisation, notre clavier sera enfin configurer comme il se doit.

Réseau

Par défaut, l'installateur choisi de nommé notre machine "debian" et utilise le domaine attribué par le serveur DHCP si celui-ci existe sur votre réseau. Dans le cas contraire, l'installateur vous indiquera que la configuration réseau aura échoué. Il vous faudra alors configurer vous même le réseau si vous voulez avoir la possibilité de télécharger les paquets absents de votre support d'installation. Vous devrez alors renseigner les champs adresse IP, puis le masque, la passerelle et enfin l'adresse du serveur DNS. Ensuite, l'installateur enchaînera sur le nom de votre machine (Choisir un nom court qui désigne la fonction de votre nouveau serveur est une bonne idée :), puis le nom de votre domaine.

Partitionnement

Après détection et configuration du ou des disques durs, l'installateur vous propose de partitionner votre disque afin qu'il puisse accueillir le nouveau système.

Rappel : Si votre disque dur possède des donnés importantes, il serait bon d'arrêter l'installation ici et de faire vos sauvegarde maintenant si cela n'a pas encore été fait.

Quatre modes de partitionnement nous sont alors proposé :

  • Assisté - utiliser un disque entier
  • Assisté - utiliser tout un disque avec LVM
  • Assisté - utiliser tout un disque avec LVM chiffré
  • Manuel

Le premier mode est la plus part du temps utilisé lors de l'installation sur un disque neuf ou dont les données n'ont plus d'importances. Le partitionnement est assisté et propose différentes solution en fonction de l'usage de votre serveur.

Le second mode permet d'installer le système sur un partitionnement en RAID logiciel. Utile dans le cas d'un serveur nécessitant beaucoup d'accès disque (base de donnée) ou une sécurité dans la sauvegarde des données (serveur de fichier) par exemple.

Le troisième mode permet en plus de chiffrer les données. Cela ralentit le système mais évite de divulguer les données à partir d'un autre systèmes d'exploitation en cas de vol de disque dur par exemple.

Remarque : Le RAID matériel sera toujours plus efficace que le RAID logiciel.

Le quatrième mode est celui qui offre le plus de souplesse puisque l'on va pouvoir créer nos partitions dans l'ordre et avec la taille qui nous convient.

Pour un système linux, il faut généralement un minimum de deux partitions dont une permettant au système d'étendre la mémoire vive dans le cas où il en manquerait. C'est la partition swap qui, avec la taille des mémoires actuelles tend à disparaître. Cette partition est généralement de 1Go maxi sur les machines de moins de deux ans. Dans tous les cas, un système qui utilise constamment le swap est un système qui manque de mémoire vive.

Bien souvent et surtout sur un serveur, on n'hésite pas à créer une partition pour certains répertoires racines. Voici les principaux :

  • /home : isoler ce répertoire permet de protéger dans une certaine mesure, les données des utilisateurs (par exemple lors d'une réinstallation du système en cas de mauvaise manipulation de l'administrateur ou d'un plantage matériel).
  • /var : répertoire de fichiers variables (notamment les fichiers de journalisation : log) dont le contenu pourrait saturer l'espace disque.
  • /tmp : un trop grand usage de ce répertoire par les utilisateurs peut provoquer les même problèmes.

Il est d'usage d'accorder la plus grande partie du disque à la partition /home.

La partition racine / ne contiendra que l'essentiel en fonction de l'usage du serveur. C'est une partition qui doit faire maximum 8 à 10Go si l'on veut installer tous les paquets de la distribution. Ceci dit, KDE, Gnome et The Gimp ne sont pas très utile sur un serveur et 2 ou 3Go suffiront sans doute largement ;-)

Après une demande de confirmation, l'installateur créer et formate les partitions.

Utilisateurs

Le superutilisateur "root" (en quelque sorte l'Administrateur du monde Microsoft) est créé par défaut. Il vous faut lui donner un mot de passe et le confirmer.

Il nous est alors demander de créer un second utilisateur pour l'usage courant du système. En effet, sur les systèmes unix, le superutilisateur root à bien trop de pouvoir pour être utiliser constamment. Il pourrait rapidement rendre inutilisable le système par une mauvaise manipulation comme "rf -rf /" par exemple.

Gestion des paquets

Après l'installation du système de base, l'installateur nous propose de configurer le gestionnaire de paquets afin de pouvoir installer les paquets supplémentaire adaptés à la fonction dédiée de notre serveur.

Il nous est tout d'abord demander si nous voulons utiliser ou pas un dépôt sur l'internet. Dans le cas où nous choisissons "non" parce que nous n'avons pas de connexion à l'internet, il nous faudra peut-être posséder des cd ou dvd supplémentaires. Si nous choisissons "oui", l'installateur nous propose une liste de serveur en fonction du pays dans lequel nous sommes. Puis, il nous demande d'entrer l'IRL du proxy s'il en existe un sur notre réseau.

Une rapide question nous est posé à propos d'une étude statistique anonyme sur l'utilisation des paquet de notre système. Puis une liste de type de logiciels nous est proposé :

  • Environnement graphique de bureau
  • Serveur web
  • Serveur d'impression
  • Serveur DNS
  • Serveur de fichiers
  • Serveur de courrier
  • Base de données SQL
  • Ordinateur portable
  • Système standard (coché par défaut)

Dans notre cas, un système standard suffira. Nous ajouterons les outils en fonction de l'usage du serveur.

Programme de démarrage

A la fin de l'installation des paquets, l'installateur vous propose d'installer le programme de démarrage "grub". C'est l'outil qui nous permettra de lancer notre système d'exploitation au démarrage de la machine voire de choisir le système à lancer s'il y en a plus d'un.

Redémarrage

Avant de redémarrer, l'installateur nous propose de vérifier que nous avons bien retirer le support d'installation afin d'éviter de redémarrer avec.

Au redémarrage, si nous n'avons pas installer d'environnement graphique, le système nous propose d'entrer soit le nom d'utilisateur créé, soit "root" suivi de son mot de passe.

Personnalisation

Nous allons pouvoir maintenant nous attaquer à la personnalisation de notre système tout neuf afin de le rendre plus confortable à utiliser.


Colorisation syntaxique

La colorisation syntaxique va nous permettre de repérer plus rapidement les chaînes de caractères qui nous intéresse.

Console

Pour obtenir une colorisation syntaxique dans la console et le terminal avec le ou les utilisateurs choisi, nous devons modifier le fichier ~/.bashrc . Dans ce fichier, nous allons décommenter les lignes en gras si dessous :

   # You may uncomment the following lines if you want `ls' to be colorized:
   # export LS_OPTIONS='--color=auto'
   # eval "`dircolors`"
   # alias ls='ls $LS_OPTIONS'
   # alias ll='ls $LS_OPTIONS -l'
   # alias l='ls $LS_OPTIONS -lA'

Il est possible de modifier ainsi le fichier /etc/skel/.bashrc afin d'obtenir cette colorisation syntaxique pour tous les utilisateurs créés par la suite.

Vim

Vim, l'un des éditeurs de texte les plus utilisé sous Linux, possède aussi une colorisation syntaxique. Sans doute pour des soucis de poid, c'est la version allégé de Vim, vim-tiny qui est installé par défaut par Debian. Nous allons y remédier :

   debian:~# aptitude install vim 

Répondez à la demande de confirmation par la touche 'Entrée'.

Lorsque Vim est installer, il nous faut copier puis modifier le fichier de configuration /etc/vim/vimrc dans notre répertoire personnel en fichier caché ~/.vimrc :

   debian:~$ cp /etc/vim/vimrc ~/.vimrc

Éditez le fichier que vous venez de copier et décommenter la ligne 20 :

   "syntax on

On va en profiter pour activer une autre option de vim qui permet de retrouver le curseur là où on l'avait laissé en quittant le fichier (lignes 28-30) :

  "if has("autocmd")
  "  au BufReadPost * if line("'\"") > 0 && line("'\"") <= line("$")
  "    \| exe "normal g'\"" | endif
  "endif

En ajoutant la ligne suivante à la fin du fichier, nous corrigeons le problème de copier-coller (espace d'indentation aléatoire) à partir de putty par exemple.

  set paste

gpm

Gpm est l'outil permettant la gestion de la souris dans une console. Celui-ci permet de facilité la sélection et le copier-collé.

Veillez à ce que le support d'installation soit chargé puis :

   debian~# aptitude install gpm

La sélection se fait par le bouton droit de votre souris tandis que le collé se fait avec le bouton du milieu ou avec les deux boutons actionnés simultanément.

Configuration d'une interface réseaux

Lors de l'intégration d'une machine dans un réseau, il est possible que l'interface soit à reconfigurer.

Si le réseau possède un serveur d'adresses IP DHCP, la machine pourra obtenir son adresse auprès de ce dernier soit au démarrage et dans ce cas vous n'avez rien à faire, soit en lançant la demande manuellement si la machine est déjà démarrée :

  debian~# dhclient eth0

Vous pouvez aussi modifier le fichier /etc/network/interfaces :

   # The primary network interface
   allow-hotplug eth0
   iface eth0 inet dhcp

Puis relancer le service réseau de votre nouvelle machine ainsi :

   debian~# /etc/init.d/networking restart

Dans le cas où le réseau ne possède pas de service d'adressage IP, il va falloir modifier ce même fichier ainsi :

   # The primary network interface
   allow-hotplug eth0
   iface eth0 inet static
   address xxx.xxx.xxx.xxx
   netmask xxx.xxx.xxx.xxx
   network xxx.xxx.xxx.xxx
   broadcast xxx.xxx.xxx.xxx
   gateway  xxx.xxx.xxx.xxx

Et relancer de la même façon le service réseau puis activer chacune des interfaces modifié par la commande

   debian~# ifup eth0
   eth0 link up

Modification de la date et de l'heure

Dans certain cas, il se pourrait que votre nouvelle machine affiche une date ou une heure erronée en réponse à la commande

   debian:~# date
   dimanche 28 decembre 2008, 11:22:34 (UTC +0100)

Notamment dans les pays où le changement d'heure en été institué.[4]

Si c'est votre cas, donnez à votre système, la nouvelle date et la nouvelle heure ainsi :

   debian:~# date mmjjhhmmaaaa

Par exemple :

   debian:~# date 122810232008
   dimanche 28 décembre 2008, 10:23:00 (UTC +0100)

Vous pouvez aussi installer le client d'un serveur de temps[5] :

   debian:~# aptitude install ntp-server ntpdate

Puis, pour synchroniser la date et l'heure de votre machine, lancer la commande :

   debian:~# ntpdate-debian

ou

   debian:~# ntpdate fr.pool.ntp.org

Conclusion

Notre système est prêt a être exploité. Nous allons pouvoir ajouter les outils qui vont spécialiser notre serveur.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes

Manuel d'installation pour la distribution Debian GNU/Linux

Manuel d'installation de 'Formation Debian GNU/Linux'

Références

  1. Les nouvelles version de Debian étant très rare, cela risque d'être le cas pour un bon moment (5 ans ?) ce qui ne me semble pas plus mal pour une utilisation serveur.
  2. Annonce de la sortie de Etch
  3. voir "Debian sur cédéroms" pour plus d'information
  4. Raisons du changement d'heure en France et calendrier
  5. Voir aussi ntp-simple